La servitude moderne : La nouvelle facette de l’esclavagisme

La servitude moderne

servitude moderne

La racine du mot : esclave

L’étymologie latine du mot travail, « tripallium », a une signification de contrainte et de pénibilité, ce mot désigne à l’origine un trépied pour ferrer les chevaux et les bœufs, puis un instrument de torture. Le nom travailleor qui donnera travailleur ne signifie pas ouvrier ou artisan comme on pourrait l’imaginer mais le tourmenteur ou le tortionnaire, d’où l’expression celui qui « travaillait » les membres du condamné.

Au fils de l’histoire et sous différentes culture le travail a gardé un sens péjoratif. Ainsi dans la tradition chrétienne, le travail est considéré comme le châtiment en réponse au péché original. Adam et Eve ayant désobéi en goûtant au fruit de l’arbre de la connaissance, Dieu condamne Eve à enfanter dans la douleur ” tu enfanteras en travail les enfants” et Adam à devoir travailler pour assurer leur subsistance ” tu mangeras ton pain à la sueur de ton front”

Dans l’Antiquité, le travail était réservé aux esclaves, il a donc de nouveau une connotation péjorative par opposition les hommes libres auront des loisirs, ils ne seront pas contraint de travailler pour subvenir à leur besoins, leurs esclaves s’en chargeront. De ce fait l’esclave lui-même n’aura pas de loisir, offrant une existence de service.

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Le travail une nécessité

De toute évidence l’homme pour survire doit remplir les exigences de ses besoins primaires. C’est-à-dire manger, s’abriter, se vêtir, etc. Pour cela et depuis tout temps il doit travailler. Ce travail est entendu dans le sens qu’il doit transformer les choses de la nature pour produire des biens qui seront utile à son existence. Ce travail est donc nécessaire et obligatoire à l’homme.

Dans ce premier cas le travail désigne la relation primordiale de l’homme à la nature. Il exprime la nécessité dans laquelle se trouve tout homme de subvenir à ses besoins et qui n’y parvient qu’au prix d’un effort, c’est-à-dire une dépense d’énergie pénible et douloureux.

Même si un homme choisit de ne pas travailler, de ne pas produire lui-même par son effort, il achètera les ressources d’un autre homme pour satisfaire ses besoins. De ce fait il profitera du travail d’un homme qui par son labeur aura transformé des matières première pour produire des biens utiles à la vie humaine.

Le travail est donc un effort qui peut être plus ou moins réduit selon son rang sociale et donc son argents, ses relations ou sa possession de biens pouvant amené à troquer ses biens pour avoir d’autres biens. Nous ne sommes pas tous égaux dans le travail.

 

La hiérarchie dans le travail plutôt que le collectivisme

Au fils du temps des prouesses technologiques ont été réalisés. On pensait que l’introduction de machines diminuerait la pénibilité du travail et serait le moyen qui permettrait l’avènement d’une société de loisirs et donc contribuerait à un monde où les hommes seraient plus libres et égaux.

Marx démontre dès le milieu du XIX° siècle, comment l’introduction des machines dans les processus de production, dégrade les conditions de travail des hommes. Le travail est plus massif et déqualifiant comme le montre le Fordisme par exemple. Un homme à un poste répétant les mêmes gestes avec une obligation de rentabilité élevé. Le travailleur est considéré comme un prolétaire.

Un prolétaire appartient à une classe sociale ne possédant rien d’autre que sa force de travail pour survivre, sa condition est nécessaire au fonctionnement du capitalisme.

Le capital a pour logique l’accumulation de toujours plus de profit. Profit généré par la plus-value que produit la force de travail dans le processus de production. En effet, la particularité de la marchandise “force de travail” que le capitaliste achète contre un salaire au travailleur sur le marché du travail, c’est qu’elle produit toujours plus de valeur qu’elle n’en coûte au capitaliste.

Le capitaliste a tendance à faire pression sur les salaires à la baisse, pour ne laisser au travailleur que l’équivalent d’un salaire de subsistance. Le travailleur n’a la plupart du temps pas les moyens de négocier à son avantage le prix de cette force de travail (son salaire) car c’est le capitaliste qui possède les moyens de production (les équipements, les matières premières, les fonds nécessaires au financement de l’activité…) ; d’autant plus qu’il est mis en concurrence avec d’autres salariés sur le marché du travail.

Autrement dit, le montant du salaire versé au travailleur ne correspond jamais à la valeur produite par le travailleur, le salaire correspond à ce qui est nécessaire au travailleur pour vivre et donc pour entretenir sa force de travail afin de retourner travailler et continuer d’enrichir le capital. Le prolétaire est donc déposséder du produit de son travail, traité comme une chose il devient étranger à sa propre humanité et poussé vers l’aliénation.

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Le besoin de travailler pour se sentir accepter dans la société

A notre époque le travail et surtout le fait de ne pas en posséder est tabou. En effet après une longue période de chômage, la pression sociale devient très forte. Nous avons tous connu cette soirée, ou un inconnu vient nous aborder, sa première question étant « tu fais quoi dans la vie ? » Il est coutumier d’entendre derrière ce « dans la vie » son travail. Ce moment peut vite être gênant pour une personne qui n’en possède pas, qui va avoir l’impression de ne pas trouver sa place dans la société, de ne pas avoir de but dans son existence.

Nous pouvons néanmoins entendre derrière ce « tu fais quoi la vie ? » la chose qui nous anime et nous rend heureux, une passion ou un loisir. En redéfinissant les priorités de notre existence et notre vision du bonheur.

Est-ce que mon bonheur appartient à mon travail et donc à mon employeur qui ne se soucie pas de ma personne mais de ma capacité à remplir mes objectifs de travail et donc à ma force de travail dans le but de lui rapporter de l’argent ? Ou bien est-ce que mon bonheur réside dans ce que j’aime faire de mon temps libre quand je ne suis pas dans la nécessité de travailler pour pouvoir gagner de l’argent pour vivre et avoir des loisirs ?

Un travail de déculpabilisation est à faire sur soi, surtout quand on grandi avec l’image que le travail est une question primordiale. Cette image est même inculquer durant l’enfance à l’école avec le choix très tôt d’un bac et donc d’une filière dirigeant ainsi ses axes de profession ou bien encore dès la primaire avec la question « qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras plus grand ? »

Réussir dans son travail, une affaire de mérite ? De labeur ?

Dans l’inconscient collectif réussir dans son travail est une affaire de mérite et donc s’obtient en produisant beaucoup d’effort. Je ne suis pas d’accord avec cette idée, combien d’hommes, de femmes et même d’enfants en Chine, travaillent 80 heures hebdomadaires dans des conditions déplorables, ceci n’étant même pas légale dans leur pays pour un salaire médiocre autour des 450e par mois. Chez appel par exemple les conditions sont tellement rude que des filets anti suicide ont été installé sur les bâtiments pour éviter à leurs employés de se suicider. On est très loin de l’épanouissement au travail venté.

Il suffit donc d’être né du bon côté du globe, dans la bonne famille qui aura un capital économique, relationnel et culturel suffisant pour avoir un bon salaire et de bonne condition de travail pour oser nommé sa réussit du mérite.

Chose encore plus troublante cette idée est aussi dans le cerveau de certaines personnes de classes sociales d’origine moyenne ou basse qui ont fait l’objet d’une ascension social via leur travail. Alors que des milliards d’autres personnes viennent du même milieu, procure le même labeur, on eux aussi de bonnes idées mais n’ont simplement pas la même chance d’avoir rencontré la bonne personne au bon moment qui leur a donné la possibilité de développer leur affaire ou proposer un meilleur job. Cessons de venté la méritocratie, réussir dans son travail et donc avoir du bonheur via celui-ci est tout simplement une histoire de chance.

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Conclusion :

L’épanouissement personnel n’est pas à chercher dans son travail, il n’y aura aucune réelle reconnaissance et interaction d’individu à individu avec son employeur. La forme de notre travail est instable dans une société où le maintien de notre poste est très incertain et où un facteur chance en ce qui concerne le montant de notre salaire est non négligeable.

Nous aurions tout intérêt à considérer le travail comme un moyen de vivre et de faire ce qui nous anime réellement dans notre cœur. Il est nécessaire de se détacher des pensées collectives qui imposent par une pression sociale l’obligation du travail. D’éradiquer l’idée que notre statut dans l’entreprise est le reflet de ce que nous vallons.

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