La Conduite d’un Processus de Production :

Les variétés

L’exploitation réalise elle-même ses plants d’aubergines, c’est dernier seront destinés à la culture en plein air pleine terre ou sous tunnel. Pour cela 1170 plants vont être réalisé dans la pépinière, le taux de germination se situe autour des 90%. Les graines sont achetées au semencier Agrosemences. L’exploitation décline son offre d’aubergine sous différentes variétés :

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En plein champ :

Japanese pickling

japanese-pickling

Une variété mi-précoce avec un cycle de 80 à 90 jours après plantation. Elle est distinctive par sa couleur pourpre et brillante et produit des fruits longs, mince et incurvés pouvant atteindre 20 cm de long et 2,5 à 5cm de diamètre. Rustique et vigoureuse elle a une haute productivité uniforme.

Little finger

C’est une variété précoce avec un cycle de 60 à 80 jours après la plantation. C’est une aubergine originale et une référence en termes de valeur gustative, elle forme de belles grappes de 3 à 4 fruits violacées aux reflets bleutés.

Louisiana long green

Mi-précoce doté d’un cycle de 85 à 90 jours après plantation, elle est très productive. Les fruits a la délicate saveurs noisette sont allongés de 18 à 23 cm, brillants et de couleur vert pâle avec des rayons crémeux à l’extrémité apicale.

Blanche ronde à œuf

Précoce avec un cycle de 70 jours, c’est une variété ancienne. Les fruits sont blanc ivoire et de la taille d’un œuf soit environ 7cm avec un poids moyen de 100g. Son gout est léger épicé.

Ronde de valence

Précoce, cycle de 70 jours. C’est une plante vigoureuse de 50 cm de haut, les fruits d’un violet soutenu sont entre 200 et 400g, ronds de 15 cm de diamètre. On compte 10 fruits par pied, sa rusticité lui offre une bonne résistance aux maladies.

Rania blanche strié

Un autre végétal : culture du Mimosa

Culture sous abris (en l’occurrence des tunnels):

Black Pearl

Précoce avec un cycle de 75 à 80 jours. C’est une plante productive avec une belle qualité de fruits et une très bonne nouaison à la chaleur, on note une très bonne conservation et qualité des fruits, ceux-ci sont de couleur noir brillant aux sépales épais et couvrant.

Zébrina

Aubergine-Zebrina

Cycle de 80 à 90 jours, c’est une variété vigoureuse donnant des fruits mi- longs de couleur mauve zébrées de blanc

Dourga

Précoce aux fruits longs de 15 à 22 cm, d’une couleur blanc ivoire de 400 à 600g, les fruits ont une saveur douce. Variété rustique et très productive.

Pourquoi choisir de cultiver sous tunnel et en plein champ ?

La culture sous tunnel produit un gain de préciosité et un agrandissement du cycle de production :

Plantation

Début récolte

Fin récolte

Sous tunnel

Mai

Juin

Oct. Nov. Déc.

Plein champ

Mai

Fin juillet

Début oct.

Le rendement est également doublé pour la culture sous tunnel

La culture sous abris permet une meilleure maitrise du climat (blanchissement, protection du vent, aération). Cela permet de récolté des légumes plus attrayant grâce à la protection du vent et de la pluie sur le feuillage et les fruits ce qui permet de réduire le temps de travail sur le poste du rinçage des légumes.

Les tunnels sont facile a monté et leur investissement est raisonnable cependant les écarts thermique quotidien reste difficile à maitriser et les films de couverture couteux doivent être changés tous les 4 ans.

L’exploitation n’a pas assez de tunnel pour produire l’intégralité de leur récolte sous abris. Pour l’aubergine l’exploitation a 2 bandes de 90 x 1,2 en serre et 7 bandes de 90 x 1,2 en champ.

Les opérations culturales

Le travail du sol :

Le travail du sol consiste a réalisé en octobre un labour de 25 à 30 cm de profondeur afin d’aérer la terre et la rendre plus facile à travailler. La terre est essentiellement argileuse (…..) et un peu limoneuse (…..) c’est donc une terre difficile à travailler car elle est très compact et forme des gros blocs. L’enfouisseuse est ensuite passé pour que les gros cailloux présent dans la terre ne gêne pas lors de l’installation des semis et du développement des plants dans le sol.

Un engrais « dix » va ensuite être déposé en avril (NPK 9 2 2) afin que les futurs plants puis avoir un apport nécessaire en nutriment pour pouvoir grandir correctement dans leur nouvelle terre et pour avoir un rendement suffisant.

Grace à la dérouleuse tractée par le tracteur, nous allons pouvoir disposer le paillage pour les futures cultures. Celui-ci est un paillage noir en plastique enlevé après chaque fin de culture, il a des trous tous les 50 cm. La dérouleuse permet également de dérouler simultanément le goute à goute qui sera ensuite raccordé à l’arrivé d’eau. L’installation de ce paillage permet de réduire nettement les interventions de désherbage, ceux-ci seront limité à l’extraction des adventives situé à l’intérieur du trou initialement prévu pour les plants d’aubergine.

Méthodologie : comment réaliser ses semis jusqu’à la récolte ?

Le semis :

L’exploitation réalise elle-même ses semis, ici ce sont des semis en terrine, une technique utilisé pour les plantes ayant besoin d’un repiquage avant la plantation de manière à renforcer les jeunes plants avant leur mise en place en pleine terre. Les caisses sont remplies d’un mélange de terreau NF‐ U‐42001 composé de tourbe de sphaigne noire gelée et de tourbe blonde de sphaigne enrichi en engrais NPK 4.23.0 (0,5%), 7.7.10 (2%), 0.0.30 (0,5%) et d’eau. Les graines sont ensuite disposées une à une en rangs serrés à l’aide d’un bâtonnet humidifié.

Les variétés sont ensuite étiquetées et les semis sont inspectés chaque jour afin de suivre leur évolution et détecter d’éventuels problèmes.

Le repiquage :

Début Avril soit près d’un mois après la réalisation des semis, le repiquage est à réaliser. Pour cela on réalise des plaques de grosses mottes à l’aide de la motteuse qui va réaliser une série de motte homogène et bien découpés à l’aide du même terreau.

On se saisit des plaques de semis des aubergines pour venir prélever la plantule en faisant très attention de ne pas l’abimer au niveau de ses racines et de sa tige. On vient séparer les plantules en effritant à la main la terre présente autour et veiller à faire glisser les racines hors de la motte pour ensuite prendre la plantule en entortillant les racines autour de son doigt et en enfonçant son doigt d’abord horizontalement puis verticalement dans la nouvelle motte. Ce mouvement veille à sectionner au minimum les racines.

La plantule pourra alors s’épanouir jusqu’à la plantation. L’irrigation est toujours minutieusement contrôler ainsi que les possibles ravageurs ou maladies.

La plantation :

En Mai la plantation pour les aubergines de champs est réalisée. Pour cela les caisses des semis sont chargées dans le camion pour aller dans le champ. Une équipe de travailleur va ainsi procéder à la plantation. Celle-ci est guidé par les trous préfait dans la bâche contre les adventives.

Ici il y a deux techniques pour planter, le choix de celle-ci est relative à la préférence de chacun. Alterner c’est deux méthode permet une diversification du mouvement réaliser par le corps et ainsi permet de mieux prévenir les troubles musculo-squelettique. En effet je l’ai moi-même vécu, lors des saisons ou la plantation est très intensive, comme par exemple tous les jours pendant 2h le dos et les genoux sont très éprouvés et alterner les rôles et les méthodes peut être une voie de soulagement et évite les gestes trop répétitifs :

1 : une personne va se chargé de faire un trou dans la terre en enfonçant son poing dans les trous de la bâche et une autre personne va mettre le semis dans le trou et ré agencer la terre autour pour qu’elle recouvre la motte du semis sans pour autant excéder la hauteur du collet du plant afin de ne pas fragiliser celui-ci.

2 : Une personne va poser les mottes sur les trous de la bâche et une seconde va appuyer sur la motte en prenant soin de préserver le plant afin d’enfoncer celle-ci dans la terre en respectant toujours la limite du collet.

La veille aux ravageurs et maladies :

La plus grosse pression au niveau des ravageurs sur l’aubergine ici est le doryphore. C’est un Coléoptère ressemblant à une grosse coccinelle, mais de couleur jaune à bandes noires. Les œufs sont jaune orangés et sont agglomérées sous les feuilles. Les larves sont rouges avec des taches noires. Les larves comme les adultes dévorent les feuilles et compromettent la production des plantes attaquées. Sa prolifération est extrêmement rapide on constate des larves de couleurs orange sur le dessous des feuilles, mais il n’est pas uniquement présent au stade larvaire, quand la détection des larves est réalisé des individus adultes sont également présent. Ils n’ont pas trouvé de prédateurs auxiliaires, et se redirige vers l’application d’un insecticide autorisé en bio le Succes.

Substance active : spinosad ( Spinosad ) 480 g/L

Coléoptères phytophages

DOSE MAX D’EMPLOI NOMBRE MAX D’APPLICATION DÉLAIS AVANT RÉCOLTE

0,2 L/ha 2 7 jour(s)

Une application est donc réaliser en Juin à l’aide d’un asperseur sur tracteur. Cette application permet de réduire la pression de ses ravageurs sans pour autant la supprimer totalement. Toutes les semaines une inspection minutieuse de chaque dessous de feuille est réalisée. Cette inspection se déroule en même temps que la récolte afin de minimisé le temps passer sur chaque pied et ainsi être le plus efficace. Si des œufs ou des adultes sont trouvés, on les dispose dans un seau ou l’on va ensuite les écraser.

Cette année l’aubergine a été atteinte d’une nouvelle maladie, elle était craqué au niveau de l’extrémité de son fruit et de couleur beige allant jusqu’au brun produisant un pourrissement. Les exploitants ne savaient pas ce que c’était, j’ai donc choisi de réaliser des recherches celles-ci m’ont conduit à penser à une maladie cryptogamique tel que :

L’anthracnose qui se traduit par des petites lésions irrégulières devenant rapidement nécrotiques sur feuilles ainsi qu’un halo jaune plutôt marqué. L’anthracnose ne semble pas avoir une forte incidence sur le feuillage de l’aubergine. On note cependant des lésions allongées et brunâtres sur tiges. Ainsi que des taches circulaires humides s’étendant, brunissant et noircissant progressivement sur les fruits au fur et à mesure de leur maturation. Les taches peuvent provoquer une pourriture importante des fruits, voire les dégrader entièrement.

Ces champignons se conservent en hiver dans le sol ou dans les replis des écorces, sur des débris végétaux, feuilles mortes etc. sous forme de spores. Les graines de l’année précédente elles-mêmes peuvent être contaminées.

Au printemps, sous l’action combinée de températures assez fraîches de l’ordre de 16-17 °C et de l’humidité, ces spores germent en donnant de nouveaux champignons qui se développent à nouveau sur la plante.

Ces champignons microscopiques pouvant survivre par leurs spores plusieurs années dans les sols, il est nécessaire de pratiquer des rotations de culture longues (5 à 6 ans) pour des plantes sensibles.

En réponse à ce champignon il faudra choisir des variétés résistantes. En période particulièrement humide à risque, évitez toute pratique culturale sur les plants. Respectez des distances de plantation suffisantes de façon à avoir une bonne ventilation des plantes. Évitez les apports excessifs d’engrais azotés qui favorisent un développement important de nouvelles pousses plus fragiles. Au printemps et en début d’été, évitez également d’arroser les feuillages. En hiver, ramassez soigneusement et brûlez toutes les feuilles mortes au pied des arbres qui ont été atteints et brûlez-les.

En cas de risques élevés de contamination (proximité de foyers actifs par exemple), il est possible effectuer en fin d’hiver et début de printemps (hors périodes de gelées) une pulvérisation avec une solution de bouillie bordelaise. En traitement préventif de l’anthracnose, des pulvérisations hebdomadaires de décoctions de prêle ou d’ail, et également de divers purins de consoude ou d’ortie sont possible

La taille :

La taille est réalisée un mois après la plantation. Un employé va passer environ 1h par bande (80×1,2m). La technique consiste à regarder la plante dans son ensemble, ici on laissera 2 brins qui vont ensuite pouvoir se développer et donner des fruits, les brins que l’on veut garder seront le plus au sommet de la plante. Les gourmands présent en dessous de ces deux brins et jusqu’au collet seront éliminer par un geste de pincement et laisser au sol afin de contribuer à enrichir celui-ci. Les gourmant ce situe à l’aisselle d’une feuille. La premier fleur va également être enlevé celle-ci consommerai beaucoup d’énergie de la plante, et qui donnerai certes une aubergine plus rapidement, mais qui ralentirai le développement de la plante. Lors du développement de la plante il faudra veiller à supprimer les feuilles abimées, vieilles ou attaquées par les parasites et à nettoyer la base en supprimant les tiges superflues.

Le désherbage :

Les semaines qui suivent la plantation peuvent être rude pour les plants, ceux-ci doivent trouver leur place dans cette nouvelle terre, et procéder correctement à l’établissions de leur système racinaire pour ainsi pouvoir s’épanouir et donner des fruits voilà pourquoi il est essentiel que les adventives ne gêne pas l’installation du plant. Nous allons donc être particulièrement vigilants au désherbage pendant cette période. Cette vigilance va être poursuivi jusqu’aux récoltes mais passer septembre la pression redescend. Le désherbage est également réaliser pendant la récolte mais si la pression des adventifs est trop fort des sessions de travail lui sont accordée. En général le gros désherbage est réaliser une ou deux semaines après la plantation et son suivit est fait pendant toute la phase récolte.

Tuteurage :

Seulement les aubergines de serre vont bénéficier d’un tuteurage, celui-ci permettra d’aider la plante à pousser sans craindre que des tiges craquent mais également de bénéficier de plus de place dans les passe-pieds de la serre. Pour cela un piquet en bois va être planté tous les 3 plants soit environ 1,50m puis deux ficelle vont être fixé entre les piquets, une en haut du plant soit vers les 45cm et une en bas vers les 15cm. C’est deux ficelles vont permettre de maintenir le plant tout au long de sa croissance.

La ramasse :

Le ramassage des légumes est réalisé deux fois par semaines, une le mardi pour servir les commandes qu’ont passés les chefs tels que Christophe Baquier (castelet), la villa madi (Cassis) ou encore la tour d’argent (Paris) les commande sont envoyées via le service de chronos fraiche de la poste. La seconde ramasse est réalisé le jeudi est partira le vendredi via un transporteur avec camion réfrigéré qui amènera cette commande au comptoir des producteurs à Paris (Rungis) ainsi l’essentiel des réduisant ainsi au minimum les pertes en légumes.

La ramasse est pointilleuse en effet il y a différents calibres présenté au choix à la clientèle. Le mini légume, dont les chefs sont particulièrement friands. Ce sont des aubergines de maximum 5 cm et les grandes aubergines de 20 cm L’aubergine ne nécessite pas de lavage elle est donc directement mise dans des caisses en bois, pesée et envoyée.

Une adaptation de l’entreprise à son environnement : le plant greffé

L’année prochaine l’exploitation du Cayre de valjancelle a choisi d’acheter une partie de ses plants en Hybride au près du producteur Mefre (Vaucluse). L’aubergine sera alors greffé sur un porte greffe de tomate.

Ce professionnel aura le choix entre ses deux techniques pour pratiquer la greffe :

  • par approche.
  • par insertion en fente, avec une aiguille, ou en tube.

Les plants greffés sont plus cher à l’achat, ce surcoût provient de plusieurs postes qui s’additionnent :

  • Deux graines (porte-greffe et greffon) au lieu d’une.
  • opération manuelle délicate de greffage.
  • temps d’occupation plus long des serres de production.
  • faible pourcentage de plants greffés non conformes.

Ce choix est motivé par un réel gain pour l’entreprise :

  • Les plants d’aubergines greffés sont plus résistants aux maladies (racinaire mais pas foliaire). Suite à la détection d’une nouvelle maladie sur l’exploitation qui a amoindri le rendement des pieds ce choix pourra réduire la perte
  • Plus vigoureux, ils résistent mieux aux aléas climatiques. L’année 2017 a été particulièrement rude avec de fort vent démolissant un tunnel, une forte sécheresse réduisant le rendement et un hiver rude avec 30 cm de neige en décembre. L’exploitation doit prendre en compte ce changement climatique et adapter sa production et ses méthodes culturales pour pouvoir produire suffisamment.
  • Le rendement est supérieur voir doublé justifiant ainsi la valeur du prix de vente de pied greffé.

Le greffage des légumes fruits induit très souvent et, une plus grande vigueur végétative des plantes, ce qui nécessite une adaptation de leur conduite. Les porte-greffes actuellement utilisés sont responsables de cette grande vigueur qui, si elle n’est pas équilibrée par une plus grande charge en fruits, procure des plantes à grosses tiges et grandes feuilles produisant souvent des fleurs stériles et donc très peu de fruits.

Il est impératif pour l’exploitant d’augmenter le nombre de branches productives sur une même plante, soit en achetant des plantes greffées à deux têtes, soit en laissant rapidement un ou plusieurs axillaires productifs se développer à partir de la tige principale.

Ainsi, pour une même production, voire pour une production supérieure espérée, il est possible de diviser le nombre de plantes achetées par deux, ce qui compense en grande partie leur surcoût.Il convient en outre de proscrire tout excès d’apport d’azote qui renforce le risque d’excès de végétation et rend la plante fragile. L’irrigation doit également être limitée afin de favoriser l’apparition de fleurs au détriment d’un feuillage trop abondant.

Pour greffer un pied de tomate sur un pied d’aubergine

  • Prélever délicatement un gourmand sur un pied de tomate
  • Choisir un plant d’aubergine et le couper à 2-3 cm.
  • Fendre le plant d’aubergine qui sera le porte-greffe.
  • Tailler le greffon de tomate en biseau.
  • Glisser le greffon à l’intérieur de la fente de l’aubergine.
  • Fixer avec une pince, du raphia ou du gros scotch.
  • Placer à l’abri avec soins pendant une semaine.

Les plants greffés se plantent généralement de mi-mars à fin avril sous abri et du début à la fin du mois de mai à l’extérieur, comme les autres plants des mêmes espèces.

Ne jamais enterrer la cicatrice de la greffe, qui se repère à un léger bourrelet à la base du plant.

 

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