Les petits Plaisirs apporterait-ils du bonheur ?

Le bonheur est le moteur de toute nos actions, mais quel est le contenu de ce bonheur, se trouve-t-il dans la recherche de plaisirs, est-ce tous les plaisirs qui nous permettent d’accéder au bonheur ? Dans un premier temps il faut définir ce qu’est le bonheur et le plaisir pour pouvoir être capable de juger de la possibilité de les dissocier. Nous allons ensuite voir les différentes philosophies proposant une conduite à adopter dans ce rapport plaisir et bonheur.

bonheur

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Quelques définitions

Le bonheur est un état de complétude, de plénitude et de satisfaction totale. La sensation que rien ne nous manque. C’est un état stable, par conséquent si dans un premier temps j’ai du plaisir suivit par de la douleur du à ce plaisir, alors je ne suis pas heureux car l’état de plénitude ne s’étire pas sur la durée.

Le plaisir est expérience agréable liée à des sensations, donc à un éprouvé corporel ou psychique tel que l’émotion ou l’affect (manger une glace, regarder un film; boire; fumer; jouer, etc.). Il se caractérise comme étant accompagné d’un acte et venant d’une source extérieur. C’est un état de soulagement suite à une tension déchargée. La satisfaction qu’il engendre peut avoir lieu dans l’instant, être éphémère et partielle, car il peut coexister avec la douleur en amont ou aval.

La relation du plaisir et du bonheur

On peut alors observer différente école de pensées positionnant notre rapport avec le bonheur et le plaisir.

L’hédonisme antique d’Epicure en est un exemple, il s’agit d’éprouvé un plaisir fort et pur (sans déplaisir) pour nous apporter le bonheur. Le plaisir est vu comme étant la satisfaction des désirs, le travail est donc dans l’examinassions de nos désirs, la maîtrise de soi, à savoir supprimer nos « mauvais désirs » ceux source de nos déplaisirs pour s’abandonner dans nos « plaisirs sains ».

L’hédonisme moderne est un état de repli sur soi suite à une désillusion dû à l’effondrement de grandes idéologies politiques proposant une vision du bonheur qui n’hésite pas. L’effet recherché est d’atteindre le bonheur par le plaisir à travers la consommation. Le plaisir est une jouissance immédiate, une réponse spontanée à une pulsion de possession exclusive.

Bien que ces deux visions proposent le bonheur comme étant la satisfaction de plaisirs, elles n’ont rien à voir.

En effet l’hédonisme antique dissocie deux types de désirs. Les désirs positifs ne mêlant pas une quelconque douleur et ceux conduisant à un certain moment à une forme de douleur étant donc un désir à éviter. Il y a une réflexion sur ce qui me rend heureux et donc une conscience de soi à adopter suivit par la décision de vouloir son réel bonheur et donc le renoncement à la futilité d’un désir qui revient à être toxique.

Contrairement à l’hédonisme moderne qui ne fait pas la distinction entre ses deux désirs poussant à une boulimie de ressenti. L’homme est enfermé dans une spirale incessante d’une volonté de bonheur, plaçant le désir en déesse le nourrissant d’offrandes pouvant être néfaste à son propre salut mais continuant l’idolâtrie sans jamais remettre en question les dictats des pulsions de ses désirs et l’alimentant encore plus lorsqu’une gêne ce fait ressentir pensant pouvoir sortir de son mal être.

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Le bonheur est un tonneau percé

Platon illustre la relation entre le bonheur et le désir avec son image du tonneau percé :

Nous représentons notre bonheur comme un tonneau, lorsqu’il est plein alors nous sommes dans un état de bonheur de plénitude mais lorsqu’il est partiellement vide alors nos désirs sont instables et nous sommes en état de manque. Alors nous rentrons dans la démarche de remplir notre tonneau et par conséquent de remplir notre existence de plaisir pour combler nos désirs.

Donc pour parvenir au bonheur, il suffit de remplir notre existence de plaisir. Cependant si notre tonneau est percé nous désirons toujours autre chose et nous aurons beau continuer à le remplir, nous ne parviendrons jamais au bonheur car aussitôt rempli notre tonneau se videra. La satisfaction d’un plaisir ne durant qu’un moment conduisant à nouveau à un état d’insatisfaction et de manque.

Faut-il alors chercher à accéder à l’ataraxie, en supprimant tous nos désirs ? Ou bien en mesurant nos désirs ? Ou encore est-ce faire le choix de renoncer à la vie en supprimant nos désirs supposant que ce sont eux qui nous maintiennent en vie ?

Doit-on concrétiser ses désirs pour être heureux ?

« Malheur à qui n’a plus rien à désirer » Rousseau.

Rousseau explique que le bonheur se trouve dans le désir et dans la non réalisation de sa fin. Le désir est alors placé en moteur, l’homme est dans une représentation mentale de ses envies, il se projette et éprouve bonheur dans son mentale sans pour autant concrétiser ses désirs.

Par exemple lorsque nous nous renseignons sur les endroits à visiter lorsque nous partons en voyage nous sommes dans une projection et nous éprouvons beaucoup de plaisir à s’imaginer vivre c’est fabuleuses expériences alors que la réalité peut être plus décevante.

Il place ainsi les jouissances imaginaires supérieures aux jouissances réelles. Car l’imaginaire ne bloque pas les portes du plaisir contrairement à la réalité qui dans ses limites peut entraver la jouissance souhaitée.

Bien que ça constatation est un fait, la réalité comporte des limites qui peuvent être obstacle à notre bonheur je trouve sa pensée triste et fataliste. A quoi bon se donner les moyens de réellement accéder à nos envies si nous nous contentons de les imaginer pour être heureux ? A quoi bon continuer de faire des expériences alors qu’on peut rester en médiation dans un bonheur mental ? Le bonheur n’est-il pas la concrétisation des désirs, ne sommes-nous pas moins heureux à désirer une chose que l’on ne peut posséder ?

Ma conclusion personnelle :

Je suis d’accord avec le fait que les désirs nous pousse vers des objectifs et nous font avancer dans notre vie, il est donc cruciale d’en avoir.

Cependant se contenter de vivre ses désirs par l’imagination est pour moi une forme de renoncement, une combativité qui est perdue et une part de notre humanité enlevé.

On peut se demander si nous ne sommes pas capables de vivre nos désirs, est-ce que ces désirs sont-ils réellement bons pour nous ? Peut-être que notre pensée n’a pas réellement conscience de notre environnement et donc de ces limites.

Mais nous pourrons dire que cela revient à refreiner la pensée que de ce cloisonné dans ce qu’on pense être notre champ des possibles. Nous pouvons avoir trop peu d’estime de soi même et se penser incapable d’arriver à réaliser tel désir alors que nous en sommes parfaitement capable.

À mon sens nous devons réellement apprendre dans un premier temps à trier nos désirs, à savoir s’ils sont réellement positifs (qui n’engendre pas par la suite de souffrance). Ensuite nous devons nous efforcer à se représenter notre environnement en se questionnant, ce désir est-il réalisable ? En ce coupant un maximum de l’influence que l’on peut recevoir, du jugement et juste en constatant des faits. Ensuite si ce désirs est bon pour nous et que les faits nous poussent à croire que ce désir peut être réalisable alors c’est notre devoir en tant qu’être qui s’aime de donner corps et âme pour concrétiser ce désir.

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Les désirs sont donc une chose à cultiver, car ils peuvent nous propulser dans notre vie mais nous devons apprendre à les décortiquer pour notre propre bien être.

Cessons d’être des Don Juan et soyons des Fakirs, combattons nos peurs, soyons à l’écoute de nous-même, surpassons-nous. La souffrance et les plaisirs peuvent être une affaire de chimie ou de mental mais le bonheur durable n’est-il pas une question d’intention et de vision.

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